La shirka – mousharaka

Le terme shirka (ou moushâraka) signifie littéralement « association », « collaboration », « coopération ». Dans le droit musulman, la shirka peut, à l’origine, être de deux sortes :


  • shirkat milk : cette expression désigne la propriété conjointe d’un bien par deux (ou plus de deux) parties. Cette propriété conjointe peut être volontaire (en ce sens qu’il résulte de l’action des partenaires, comme l’achat en commun d’un bien –on parle alors de shirkat ikhtiyâr) ou non (en ce sens qu’il ne résulte pas d’une quelconque action des partenaires, comme dans le cas d’un bien obtenu à travers un héritage commun – on parle alors de shirkat djabr).


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Seuil d’imposition

Le niçâb est le seuil d’imposition, c’est-à-dire la quantité limite de biens imposables qui, lorsqu’elle est atteinte, rend la zakâte obligatoire.

  • Pour l’or, le niçâb est de 87,48 gr.
  • Pour l’argent, le niçâb est de 612,36 gr.
  • Pour la monnaie ou les marchandises commerciales, le niçâb de référence est la valeur la plus faible entre celle du niçâb de l’argent et celle du niçâb de l’or.
  • Pour le bétail et les produits agricoles, quelques précisions sur le seuil d’imposition seront mentionnés Incha Allah dans un prochain billet.

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Comment rembourser une dette lorsque la monnaie a d

Question : Je prête 10 000 unités de monnaies à quelqu’un et, après un an, il me les rend intégralement. Le problème, c’est que durant la période de prêt, la monnaie du pays où je vis a connu une certaine perte de valeur. Dans un tel cas de figure, puis-je lui réclamer 10 100 unités de monnaie en guise de remboursement  pour couvrir ma perte ?… Ou dois-je me contenter de la restitution des 10 000 unités de monnaie, tout en sachant que mon pouvoir d’achat avec cette somme a diminué ?

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L’interdiction d’intercepter les marchandises

باب مَا جَاءَ فِى كَرَاهِيَةِ تَلَقِّى الْبُيُوعِ

L’interdiction d’intercepter les marchandises


عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ عَنِ النَّبِىِّ صلى الله عليه وسلم أَنَّهُ نَهَى عَنْ تَلَقِّى الْبُيُوعِ

Traduction explicative

Ibnou Mas’oûd (radhia Allâhou anhou) rapporte du Prophète Mouhammad (sallallâhou ‘alayhi wa sallam) qu’il a condamné le fait d’intercepter les marchandises (avant que celles-ci ne soient transportées jusqu’au lieu où elles vont être vendues).

(Hadith authentique, cité également par Mouslim)


عَنْ أَبِى هُرَيْرَةَ أَنَّ النَّبِىَّ صلى الله عليه وسلم نَهَى أَنْ يُتَلَقَّى الْجَلَبُ فَإِنْ تَلَقَّاهُ إِنْسَانٌ فَابْتَاعَهُ فَصَاحِبُ السِّلْعَةِ فِيهَا بِالْخِيَارِ إِذَا وَرَدَ السُّوقَ

قَالَ أَبُو عِيسَى هَذَا حَدِيثٌ حَسَنٌ غَرِيبٌ مِنْ حَدِيثِ أَيُّوبَ وَحَدِيثُ ابْنِ مَسْعُودٍ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ

Traduction explicative

Abou Houreïrah (radhia Allâhou anhou) rapporte que le Prophète Mouhammad (sallallâhou ‘alayhi wa sallam) a condamné que l’on intercepte les marchands (pour leur acheter leurs produits avant qu’ils n’arrivent au marché. Une autre traduction possible de ce propos de Abou Houreïrah (radhia Allâhou anhou) est : « le Prophète Mouhammad (sallallâhou ‘alayhi wa sallam) a condamné que l’on intercepte les articles (qui sont en train d’être transportés au marché pour être vendus) »). Et si quelqu’un l’intercepte (c’est-à-dire le marchand ou le produit) et achète de lui (ou achète le bien qu’il transporte), le propriétaire de la marchandise (vendue) aura le choix (de revenir ou non sur la transaction effectuée) lorsqu’il arrivera au marché.

(Hadith authentifié par Al Albâni)

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Biens imposables et non imposables

Règle N°1 : Les biens qui sont concernés par l’obligation de la zakâte sont :

  • l’or et l’argent,
  • l’argent liquide et la monnaie (billets, pièces, sommes gardées sur le(s) compte(s) bancaire(s)…)
  • les créances, c’est-à-dire l’argent dû par autrui (sommes qui ont été prêtées et pas encore remboursées, contrepartie des marchandises vendues et pas encore réglées…)
  • les marchandises commerciales, c’est à dire les biens achetés dans l’intention d’être revendus,
  • le bétail

Note 1: Les produits agricoles sont également concernés par un impôt spécifique (‘ouchr ou kharâdj).

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La vente au plus offrant

بَاب مَا جَاءَ فِي بَيْعِ مَنْ يَزِيدُ

La vente au plus offrant

عَنْ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَاعَ حِلْسًا وَقَدَحًا وَقَالَ مَنْ يَشْتَرِي هَذَا الْحِلْسَ وَالْقَدَحَ فَقَالَ رَجُلٌ أَخَذْتُهُمَا بِدِرْهَمٍ فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَنْ يَزِيدُ عَلَى دِرْهَمٍ مَنْ يَزِيدُ عَلَى دِرْهَمٍ فَأَعْطَاهُ رَجُلٌ دِرْهَمَيْنِ فَبَاعَهُمَا مِنْهُ

قَالَ أَبُو عِيسَى هَذَا حَدِيثٌ حَسَنٌ

Traduction explicative

Anas Ibnou Mâlik (radhia Allâhou anhou) rapporte que le Messager d’Allah (sallallâhou ‘alayhi wa sallam) a voulu vendre une couverture de selle et un gobelet. Il (sallallâhou ‘alayhi wa sallam) (s’adressa à ceux qui étaient présents et) demanda alors : « Y a-t-il quelqu’un (qui  est prêt à) acheter cette couverture de selle et ce gobelet ? » Un homme dit : « Je les prend pour un dirham. » Le Prophète Mouhammad (sallallâhou ‘alayhi wa sallam) continua : « Qui offre plus qu’un dirham (pour l’achat de ces deux éléments) ? Qui offre plus d’un dirham ? » Un homme lui offrit deux dirhams; il (sallallâhou ‘alayhi wa sallam) lui vendit alors les deux (objets).

(Ce Hadith a été qualifié de « dhaïf » (faible) par pas mal de savants en raison d’un narrateur présent dans sa chaîne de transmission, en l’occurrence Abou Bakr Al Hanafiy, dont la fiabilité est inconnue (madjhoûl) selon Ibn oul Qattân.)

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Rôle et fonctionnement du Sharia Board

S’il y a un bien un acteur qui est omniprésent dans le domaine de la finance islamique, c’est le sharia board (appelé en français Comité de Conformité Sharia – CCS) : les différentes responsabilités qui incombent à ce comité composé de sharia scholars lui confèrent un rôle clé et fondamental dans ce secteur en plein essor. Mais avant d’évoquer en détail celui-ci, il est important de rappeler ce qu’est un sharia scholar.

Le sharia scholar : un expert aux compétences particulières…

Le terme arabe « sharia » désigne pour le croyant et la croyante cette voie qui est balisée par les sources premières de l’islam et qui leur permet de cheminer sereinement dans ce monde vers l’agrément de Leur Créateur.

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Les commerçants et la façon dont ils ont été qualifiés

بَاب مَا جَاءَ فِي التُّجَّارِ وَتَسْمِيَةِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِيَّاهُمْ

Les commerçants et la façon dont le Prophète Mouhammad (sallallâhou ‘alayhi wa sallam) les a nommés

عَن قَيْسِ بْنِ أَبِي غَرَزَةَ قَالَ خَرَجَ عَلَيْنَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَنَحْنُ نُسَمَّى السَّمَاسِرَةَ فَقَالَ يَا مَعْشَرَ التُّجَّارِ إِنَّ الشَّيْطَانَ وَالْإِثْمَ يَحْضُرَانِ الْبَيْعَ فَشُوبُوا بَيْعَكُمْ بِالصَّدَقَةِ

قَالَ أَبُو عِيسَى وَهَذَا حَدِيثٌ صَحِيحٌ

Traduction explicative

Qays ibn Abî Gharazah (radhia Allâhou anhou) dit (que) le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) sortit (et vint une fois) parmi nous, nous (autres) que l’on appelait les courtiers (samâsirah). Il (sallallâhou alayhi wa sallam) dit alors :

« Ô assemblée de commerçants ! Chaytân et le péché restent présents lors des transactions. Alliez donc l’aumône à celles-ci (pour les purifier). »

(Hadith authentifié par At Tirmidhi, Al Hâkim et Al Albâni)

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La rudesse (de la condamnation) au sujet du mensonge, de la tromperie et autres choses de ce genre

بَاب مَا جَاءَ فِي التَّغْلِيظِ فِي الْكَذِبِ وَالزُّورِ وَنَحْوِهِ

La rudesse (de la condamnation) au sujet du mensonge, de la tromperie et autres choses de ce genre

عَنْ أَنَسٍ عَنْ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي الْكَبَائِرِ قَالَ الشِّرْكُ بِاللَّهِ وَعُقُوقُ الْوَالِدَيْنِ وَقَتْلُ النَّفْسِ وَقَوْلُ الزُّورِ

قَالَ أَبُو عِيسَى حَدِيثُ أَنَسٍ حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ غَرِيبٌ

Traduction explicative

Anas (radhia Allâhou anhou) rapporte du Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) au sujet des kabâïr (péchés majeurs) qu’il a dit :

« (Parmi ces kabâïr, il y a notamment) l’association à Allah, la désobéissance aux parents, le meurtre et le propos trompeur. »

(Hadith authentique, cité également par Boukhâri et Mouslim)


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Contracter un emprunt

Question :Est-il permis à un musulman qui vit en France de contracter un emprunt à intérêts pour acquérir une maison qui lui servira d’habitation principale ? J’ai entendu dire que des savants ont autorisé cela… Est-ce vrai ?

Éléments de réponse :

Selon la grande majorité des savants musulmans[1], le recours aux emprunts bancaires avec intérêts est strictement interdit, et ce, en vertu des versets du Qour’aane et Hadiths qui condamnent très sévèrement le « ribâ » (terme qui désigne la plupart du temps les intérêts et l’usure), dont les suivants :

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