La shirka – mousharaka

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Le terme shirka (ou moushâraka) signifie littĂ©ralement « association », « collaboration », « coopĂ©ration ». Dans le droit musulman, la shirka peut, Ă  l’origine, ĂŞtre de deux sortes :


  • shirkat milk : cette expression dĂ©signe la propriĂ©tĂ© conjointe d’un bien par deux (ou plus de deux) parties. Cette propriĂ©tĂ© conjointe peut ĂŞtre volontaire (en ce sens qu’il rĂ©sulte de l’action des partenaires, comme l’achat en commun d’un bien –on parle alors de shirkat ikhtiyâr) ou non (en ce sens qu’il ne rĂ©sulte pas d’une quelconque action des partenaires, comme dans le cas d’un bien obtenu Ă  travers un hĂ©ritage commun – on parle alors de shirkat djabr).



  • shirkat ‘aqd : cette expression dĂ©signe le partenariat qui est Ă©tabli de façon contractuelle et par le biais duquel deux (ou plus de deux) parties conviennent de mettre en commun des ressources pour mener Ă  bien une opĂ©ration commerciale en vue d’en partager les bĂ©nĂ©fices. C’est ce genre de partenariat qui est couramment employĂ© dans la finance islamique. Les anciens juristes musulmans ont recensĂ© diffĂ©rents types de shirkat ‘aqd, les plus connus Ă©tant les suivants :

  • shirkat amwâl, dont la forme la plus rĂ©pandue est le shirkat ‘inân : deux (ou plus de deux) parties associent d’un commun accord leur capital dans une entreprise commerciale, les profits obtenus Ă©tant rĂ©partis entre elles suivant des proportions convenues mais les pertes Ă©tant supportĂ©es par chacune des parties Ă  hauteur de son apport. Dans un shirkat ‘inân, il n’est pas nĂ©cessaire que tous les associĂ©s participent Ă  l’activitĂ© de l’entreprise. Les oulĂ©mas des diffĂ©rentes Ă©coles de droit musulman s’accordent sur le caractère licite de ce type de partenariat.

  • shirkat a’mâl (aussi appelĂ© shirkat abdân, shirkat taqabboul et shirkat sanâï’) : deux (ou plus de deux) parties s’accordent pour exercer leur activitĂ© professionnelle et proposer leurs services au sein d’une entreprise commune, la rĂ©munĂ©ration perçue Ă©tant rĂ©partie entre eux suivant des proportions prĂ©dĂ©finies. La majoritĂ© des oulĂ©mas (hanafites, châfĂ©ĂŻtes et mâlĂ©kites) s’accorde pour considĂ©rer que le shirkat a’mâl est, dans son principe, autorisĂ©. Les châfĂ©ĂŻtes ne partagent pas cet avis.

  • shirkat woudjoĂ»h (appelĂ© Ă©galement shirkat dhimam) : deux (ou plus de deux) parties ayant bonne rĂ©putation s’accordent pour crĂ©er une entreprise commune dont l’activitĂ© consiste en l’achat Ă  crĂ©dit (mettant ainsi Ă  profit la confiance dont elles jouissent auprès des fournisseurs) de biens et leur revente au comptant, les associĂ©s garantissant chacun le paiement d’une part dĂ©finie des sommes dus aux crĂ©anciers. Les bĂ©nĂ©fices Ă©ventuels des transactions effectuĂ©es dans le cadre de l’entreprise commune sont rĂ©partis entre les partenaires suivant des proportions convenues. Ce type de sociĂ©tĂ© est autorisĂ© selon les hanafites et les hambalites; les mâlĂ©kites et les châfĂ©ĂŻtes soutiennent pour leur part que le contrat de shirkat woudjoĂ»h n’est pas valide.


shirka

Wa Allâhou A’lam !


Et Dieu est Plus Savant !